27 janvier 2010
Théâtre des Jacobins - La dernière nuit de Jeanne d'Arc
La dernière nuit de Jeanne d’Arc de Marie Pistekova
Jeanne d’Arc face à son destin tragique. Dépouillée, tout son être vibre entre la peur et le courage dans un cri de foi et de liberté.
Marie Pistekova a présenté son nouveau spectacle devant M. Jan Czerny, ministre-conseiller à l'ambassade de la République tchèque en France, le Maire de Dinan et son premier adjoint, en charge de la culture. Les membres du comité des Remparts étaient aussi présents dans la Salle, en costume du Moyen-Age.
Marie Pistekova fait intervenir différents personnages de son spectacle sur la scène : Robert de Baudricourt, le roi Charles VII, Jean Dunois Bâtard d’Orléans, l’Evêque de Beauvais Pierre Cauchon, le Chanoine de Bayeux d’Estivet, le frère Martin Ladvenu, le Prince Noir.
Tous ces acteurs sont saisissants de vie et de réalisme.
Interviewé, M. Jan Czerny, ministre-conseiller à l'ambassade de la République tchèque en France commenta le spectacle de Marie pendant la dictature : « La Nuit de Jeanne » de Marie Pistekova était une zone de normalité dans l’anormalité ambiante. Ce spectacle était une protestation forte contre le système établi du mensonge. Tous les spectateurs en scrutaient chaque phrase, à la recherche du plus petit symbole de liberté, de vérité.
Concernant les voix de Jeanne : Nous ne prêtons pas assez d’attention à nos voix intérieures, nous nous laissons trop absorber par l’activité du monde.
Odile Théry
20 janvier 2010
Les nuits de Skrivanek - Théatre des Jacobins, Dinan, du 22 au 24 janvier 2010
Pour fêter ses 10ans d'existence la troupe
du
Théâtre de l'Alouette propose "Les
nuits de Skrivanek* " du vendredi 22 au
dimanche 24 janvier. Ce sont trois
spectacles
sur le thème de la nuit au
Théâtre des Jacobins
de DINAN - Côtes
d'Armor, mis en scène par Marie
Pistekova.
* "Alouette" en tchèque
* * *
LE THEATRE DE L’ALOUETTE PRESENTE
La dernière
nuit de Jeanne d’Arc de Marie Pistekova
Samedi 23 janvier 20h 30 10 € / 8 €
La nuit de
Valognes
de Eric – Emmanuel Schmitt
Cinq femmes bafouées décident de faire le
procès de Don Juan
Dimanche 24 janvier 15h 6 € / 4 €
Quatre scènes à la tombée de la nuit :
- Tragédie de Jean-Michel Ribes
Un homme refuse de dire bravo
- Musée de Jean-Michel Ribes
Déambulations entre sculptures et peintures
- Le lampadaire de Hervé Cauret
Rencontres improbables à la tombée de la
nuit
- La critique est aisée de Max Régnier
Derniers préparatifs d’une troupe de théâtre
avant la première
Réservation
Pass 3 jours 15 € 02 96 39 33 00 / 06 76 30 63 49
09 juin 2009
Préface de Régine Pernoud à la pièce « La dernière nuit de Jeanne d’Arc » .
Parmi les historiens qui s’égrennent au fil du temps et qui sont spécialistes d’une époque ou d’une personnage, Régine Pernoud (1909-1998) reste ‘La’ spécialiste de Jeanne d’Arc pour certains, et l’une des grandes spécialistes pour d’autres. Marie-Pistekova l’a rencontrée en juillet 1992, et Régine Pernoud a rédigé la préface du texte de la pièce « La dernière nuit de Jeanne d’Arc » .
L'image de Bernard-Henry Lévy
lisant à Prague, sur la place publique, des
poèmes de Vaclav Havel alors en
prison, est restée dans toutes les mémoires.
Personne ne se doutait alors que, quelques mois plus tard, par un renversement
radical dont l'Histoire n'offre guère d'exemples, les prisons tchèques allaient
s'ouvrir et Vaclav Havel être propulsé sans transition de la geôle à la
présidence de la République.
Ce que personne ne savait non plus - ou très peu de
gens - ce sont les mouvements souterrains qui, ici et là, avaient préparé
ce renversement, l'avaient rendu possible. Il y en eut de toutes sortes,
résistance clandestine, anonyme, de celles qui remuent le sol et peu à peu le
rendent apte à recevoir les semailles qui pourront lever.
En voici un exemple. Il s’appelle Marie
Pistekova : une jeune fille, une actrice qui, plusieurs années avant que ne tombe le mur de Berlin et que
l’Europe de l’Est ne s’éveille de sa longue torpeur, s’était accrochée
résolument à cette Figure de Libération par excellence qu’est Jeanne d’Arc, et
, tantôt dans un grenier, tantôt dans une cave, tantôt dans une église, partout
où elle pouvait être accueillie et écoutée, jouait « La dernière nuit de
Jeanne d’Arc » : la méditation de Jeanne à la veille de son supplice,
durant la nuit du 29 au 30 mai 1431.
Une pièce dont la première représentation avait été
donnée en 1979, quelque part dans un humble terroir de Moravie. Celle qui
interprétait le rôle avait entrepris des études d’art dramatique dans le but
exprès d’évoquer Jeanne, de faire comprendre qu’une situation, similaire à
celle que connaissaient les Tchécoslovaques s’était déjà présentée, que contre
cette situation s’était dressée une petite paysanne, une fille du peuple, de
seize à dix-sept ans, - et qu’elle avait gagné : au prix de sa vie, la
France avait été libérée de la première « occupation étrangère »
qu’elle eue connue.
Vers le même temps où Marie Pistekova s’attachait
ainsi à faire revivre Jeanne parmi ses compatriotes, nous avions monté au
Centre Jeanne d’Arc d’Orléans, une exposition consacrée aux « Jeanne d’Arc
étrangères » : rappel de celles, filles ou femmes, qui se sont
manifestées au cours des temps et des guerres de libération, au point qu’elles
ont reçu, dans leur pays, comme un surnom, celui de « Jeanne
d’Arc » : il y eu ainsi une « Jeanne d’Arc polonaise »,
deux « Jeanne d’Arc grecques », lorsque la Grèce s’est libérée du
joug turc ; mais surtout la plus proche de nous, et la plus émouvante,
cette Gwan Sun Yu qui prit la tête, en Corée, de la marche silencieuse qui, à
Cheonan, déclencha la révolte coréenne contre l’occupation japonaise ;
emprisonnée, atrocement suppliciée, elle mourut en 1919, alors qu’elle n’avait
pas seize ans ; on l’a
surnommée la « Jeanne d’Arc coréenne ».
Nous ignorions que dans le même temps, un hommage
était rendu à Jeanne en Tchécoslovaquie, la faisant revivre dans sa droite
vocation. Dans leur simplicité, rien ne démontre mieux que les pages qui
suivent la présence vivante de Celle qui à l’orée des temps qui ont rétabli
l’esclavage (disparu dès le Haut Moyen Age de l’Occident chrétien) et multiplié
guerres de conquêtes et expéditions coloniales, se dresse comme le symbole
permanent de toute protestation de liberté, de toute exigence des droits de la
personne, dans la lumière de Dieu.
Régine Pernoud
Lettre du Président de la République Vaclav Havel à Marie Pistekova
LETTRE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE VACLAV HAVEL A MARIE PISTEKOVA
"Président de la République"
Marie Pistekova,
artiste dissidente, a lutté par son art pour la libération de notre pays. Je lui offre mon appui d'honneur et ma confiance dans l'espoir qu'elle obtiendra toute assistance nécessaire au succès de la réalisation de ses intentions dans le domaine de l'art dramatique et de la cinématographie.
En tant qu'écrivain et philosophe, élu Président de la République, je crois que Marie Pistekova travaillera dans les intentions de la paix et de la tolérance
Vaclav Havel
Fait à Ostravada le 10/10/1995
"Prezident Republiky"
Marie Pistekova,
umelkyne-disidentka, bojovala svym umenim za osvobozeni nasi zeme. Nabizim ji svou cestnou podporu a duveru v nadeji, ze se ji dostane veskeré nezbytné pomoci k uspesnému uskutecneni jejich zameru v oblasti divadelnictvi a kinematografie.
Jako spisovatel a filosof, zvoleny prezidentem republiky, verim, ze Marie Pistekova bude pracovat v intencich svetového miru a tolerance.
Vaclav Havel
V Ostrave dne 10/10/1995
04 juin 2009
"La dernière nuit de Jeanne d'Arc" - Rouen : Eglise Ste Jeanne d'Arc 6 juin 2009
"La dernière nuit de Jeanne d'Arc" de Marie Pistekova
Une pièce taillée dans le marbre de l'histoire de la Tchécoslovaquie...
... et que Robert Hossein souhaite voir jouer partout en France.
La pièce qui va être jouée samedi 6 juin à 21h
en l’Eglise Sainte Jeanne d’Arc de Rouen est hors du commun.
« La dernière nuit de Jeanne d’Arc »,
écrite et interprétée par Marie Pistekova, a en effet joué un rôle
décisif et désormais historique dans l’histoire contemporaine du peuple
tchécoslovaque, il y a tout juste vingt ans. Lorsque cette pièce rencontrait le
public, elle galvanisait le peuple tchécoslovaque, à l’image du bras énergique
de Jeanne d’Arc qui, portant épée ou étendard, encourageait ses troupes.
A chaque représentation de Marie Pistekova, en
tous lieux, cave, grenier ou église, c’était un Printemps qu’elle apportait aux
spectateurs. Cette reconquête de l’espoir gagna progressivement la
Tchécoslovaquie contre le désespoir causé par le joug du totalitarisme
soviétique. On parlait d’un « vecteur de résistance spirituelle et de
libération intérieure ».
Cette pièce a eu un second rôle tout autant
historique auprès de Vaclav Havel, avant que cet opposant historique ne
devienne le premier Président de la République tchécoslovaque. Jouée devant lui
et devant le groupe d’intellectuels fondateurs de ‘La Charte 77’
-organe de résistance comme a pu l’être Solidarnosc en Pologne- ‘La dernière
nuit de Jeanne d’arc’ leur apportait une énergie nouvelle.
Certains y virent une contribution à la « Révolution de velours »,
qui permis à la Tchécoslovaquie de briser sans violence ses chaînes, passant
d’un régime totalitaire à la démocratie.
Il faut savoir que vingt ans auparavant, en
1968, les armées du Pacte de Varsovie avaient, par une répression violente,
brisé l’espoir du peuple tchécoslovaque suscité par le ‘Printemps de
Prague’.
‘La dernière nuit de Jeanne d’Arc’,
fût comme l’hirondelle annonçant le printemps dans le ciel de la
Tchécoslovaquie, en contribuant à la Révolution de velours qui redonna au
peuple sa liberté et son honneur.
Dans un élan issu des profondeurs de l’âme
slave, et avec un authentique souffle de liberté, Marie Pistekova nous offre
une vision juste de Jeanne d’Arc. A la veille de sa terrible condamnation, elle
revoit sa vie et parcourt une page de l’histoire de France.
Surmontant la dramatique perspective du
bûcher, le génie de cette femme est de vivre sa passion au service de son pays.
La diversité des sentiments qui l’anime sortis de son cœur et ses entrailles
nous font vivre les scènes déterminantes issues de la réalisation de sa noble
mission.
Dans une mise en scène épurée, seule au fond
de sa geôle, Jeanne se livre aux spectateurs avec sa générosité et ses doutes.
La vivacité du vent, des cavalcades, des oiseaux, se mêlent aux musiques de Bach
ou de Carl Orff.
C’est une femme courageuse qui saura surmonter
les lâchetés et les abandons, pour prendre son destin en main et s’offrir à une
cause qui la dépasse mais qu’elle embrasse… avec amour.
Aujourd’hui, dans une Europe qui veut s’unir,
Marie Pistekova « actualise » Jeanne d’Arc et la donne comme un
modèle à des jeunes épris de liberté et d’unité.
Comme Marie Pistekova, dans le sillage de
Jeanne d’Arc, d’autres femmes ont participé activement à la libération de leur
pays, si bien que spontanément on les surnommait Jeanne d’Arc. Nous pouvons
saluer toutes ces Jeanne du monde comme Rani Laksmi Bai du Royaume de Jhansi,
Gwan Sun Yu de Corée, Emilie Platter de Pologne, Manto Mavrogenous et
Bouboulina Laskarina de Grèce, Yanitza d’Albanie, Michelina De Cesare d’Italie
et Hanna Szenes d’Israël.
Au cœur d’un monde à la recherche de sens et d’authenticité, ‘La dernière nuit de Jeanne d’Arc’ de Marie Pistekova est une référence de liberté pour les femmes et les hommes d’aujourd’hui.
Stéphane Sagas
‘La dernière nuit de Jeanne d’Arc’
Marie Pistekova
Samedi 6 juin à 21h en l’Eglise Ste Jeanne d’Arc de Rouen
Participation libre





